C'est avec beaucoup d'excitation que je me suis lancé à la découverte de Nikon Capture NX, car les promesses de ce logiciel très attendu sont importantes. Notamment la plus intéressante qui est de travailler ses images RAW par zones. Vous pouvez d'ailleurs visiter ce site en anglais pour en savoir plus : Capturenx.com. Voici quelques explications de Nikon France :
" Les Points de contrôle de couleur vous permettent de choisir et d’isoler une zone de cette image en vue de l’améliorer en un temps moindre comparé à d’autres outils d’édition d’image. En peu de temps, vous pouvez sélectionner et utiliser n’importe quel Point de contrôle de couleur pour modifier la teinte, la luminosité, la saturation, le rouge, le vert, le bleu, la chaleur et le contraste au sein de chaque zone déterminée.
Chaque Point de contrôle apparaît sur l’image et peut être aisément
déplacé d’un point à l’autre, pour un positionnement précis afin
d’obtenir l’effet souhaité. Des curseurs vous permettent d’ajuster
l'effet des points de contrôle dans les zones sélectionnées par ces
points de contrôle. La commande de glissement, du point et du curseur
est très facile à utiliser, et offre un effet à la fois très puissant
et créatif ! "
Nous y reviendrons... Le dernier né de chez Nikon a aussi pour ambition de vous aider à traiter également vos fichiers JPEG ou Tiff... Et pas seulement les NEF issus de votre boitier Nikon (d'ailleurs l'image ci-dessus avait été réalisée en JPEG sur un Canon 20D). Evidement, certaines fonctions du logiciel ne s'appliquent qu'aux véritables NEF issus d'un appareil Nikon, par exemple les correction d'objectif.
L'installation
se passe sans problèmes. La première approche de l'interface peut être
légèrement déroutante, mais rassurez-vous : on s'y fait rapidement.
Elle n'est pas aussi élégante que celle de la beta 3 de Lightroom, mais
tout de même assez sobre, c'est une bonne chose. Vous en conviendrez :
l'important n'est pas le look d'un logiciel (qui dépend souvent de
critères quelque peu subjectifs), mais bien ce qu'on peut faire avec !
Ce
Nikon Capture NX donc est particulièrement intéressant car il est le
premier de tous les derawtisers à offrir l'incroyable possibilité
d'appliquer des réglages par zone à votre image RAW.
Oui : éclairer un visage, déboucher une ombre, assombrir un coin de ciel est enfin devenu possible sur un fichier RAW. Et cela change tout ! Avec une telle avancée, on peut donc considérer que Nikon Capture NX est le tout premier représentant de ce que l'on va appeler : la seconde génération de derawtisers. Des logiciels qui permettront de faire de la véritable retouche sur les images 12 bits brut de capteur, dans un espace couleur très large...
Enfin, presque le premier... Petit retour en arrière, car nous avions vu ici que Photoshop possède l'étonnante capacité d'importer des RAW en tant qu'objets dynamiques au sein d'un fichier PSD... Oui ! Cela vous autorise à faire des sélection (et même les mémoriser, les modifier) afin d'appliquer des calques de réglages par zone à votre image RAW...
Image
RAW qui restera donc éditable à tout moment : un double-clic et une
fenêtre de Camera Raw s'ouvre au dessus de l'espace de travail
Photoshop. Effectuez vos réglages, refermez et vous êtes de retour dans
Photoshop. Camera Raw permet donc lui aussi cette prouesse de
travailler du RAW par zones, mais en trichant un peu... Puisqu'il a
besoin des calques de réglage de Photoshop pour y parvenir, ce qui
complique pas mal la manoeuvre ! Ce n'est donc pas tout à fait pareil,
de plus chaque sélection que vous mémorisez (vous n'êtes pas obligé de
les mémoriser) alourdit votre fichier d'un tiers du poids de l'image
initiale. Autant dire que cette méthode est réservée aux utilisateurs
avancés...
Avec les "Control Points", Nikon Capture NX propose donc une méthode de sélection qui ressemble à la methode "plage de couleurs" de Photoshop, mais tout à fait différente et inovante... C'est beaucoup plus intuitif, plus rapide et plus léger ! En un mot accessible aux gens qui ignorent tout des couches Alpha de Photoshop ! Ajoutons au passage que le prix de NX est six à sept fois moindre que celui de Photoshop...
Démonstration
: je sélectionne une zone (sur le plancher dans notre exemple de
droite) dont je vais règler la taille avant de lui appliquer des
réglages : luminosité, contraste, teinte, saturation, rouge, vert,
bleu, température (détails dans la fenêtre flottante)... En multipliant
les points de contrôle j'affine précisément mon image zones par zones,
comme sous un agrandisseur. Et l'on découvre une nouvelle façon de
travailler assez différente : c'est très intuitif !
Tentez cette expérience étonnante, prenez une de vos vieilles images JPEG, travaillez-la dans Capture NX (avec des points de contrôle) et à la fin : enregistrez votre travail... en NEF ! Et oui, le NEF n'est plus un format réservé aux fichiers RAW issus des boîtiers Nikon.
Cela m'amène à m'interroger, sommes-nous peut-être à la veille d'une révolution technologique qui va boulverser le traitement de l'image : il est probable que les logiciels de la prochaine génération cessent progressivement de modifer les pixels eux-même ; mais enregistrent seulement des instructions qui ne seront appliquées aux pixels qu'au moment de l'export final. Le but étant de préserver nos disques dur de l'engorgement... Ce changement de génération exigerait alors l'abandon des formats courrants PSD, TIFF et autres JPEG, afin de passer à de nouveau formats (permettant d'enregistrer ces instruction) dont les premiers représentant sont peut-être, le DNG (qui embarque les données XMP) et le NEF ?
Dans l'exemple suivant, j'ai commencé par créer un point de controle dans le coin en haut à droite pour ajouter de l'ombre et "fermer" la composition. Je l'ai dupliqué et déplacé dans le coin en haut à gauche avant de réduire sa taille. Puis j'ai crée de nombreux points pour éclairer chaque visages individuellement (à chaque fois je duplique le point de contrôle par un clic-droit). Ensuite j'affine les caractéristiques de chaque zone. Effectuer toutes ces sélection et autant de calques de réglages nécessaires dans Photoshop au dessus d'un objet dynamique aurait été trois à quatre fois plus long (même en ayant préparé des racourcis claviers pour chaque opérations). Certes les sélections de Photoshop peuvent être plus précises, mais elles nécessite un certain niveau de connaissance du logiciel que peu de photographes (même pros) possèdent, je m'en rend compte dans mes stages... Voici donc le résultat, avant / après.
N'hésitez pas à me faire part de vos expériences, questions, et interrogations ci-dessous (il n'y à pas besoin de s'identifier, ni de s'enregistrer pour commenter : cliquez sur commentaires et tapez directement votre prose)...
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